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Printhal
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Au village de Printhal, le chant des corbeaux est annonciateur des mauvais jours

Marguitte, une des chèvres préférées de la jeune Printhal

Les hauts pâturages des Collines de l'Ours
Mon "lien" avec la gemme
C'est une pierre de petite taille - pas plus grande que l'extrémité de mon pouce - d'une couleur rouge sang. La gemme n'a pas de forme particulière ; elle n'est pas tout à fait ovale ; ses facettes sont irrégulières. Elle n'est pas vraiment belle. Mais, lorsque l'on regarde à travers, vers le soleil, la petite pierre semble animée d'une vie qui lui est propre. On peut parfois deviner, à l'intérieur, de minuscules nuages rougeâtres comme si elle contenait un monde à part entière.
Au début, j'ai voulu remettre cette gemme à Von Köln pensant d'ailleurs que Pierre Qui Se Mouille me l'avait donnée dans cette intention. Mais notre guide à tous, et puis Cartoul aussi, m'ont persuadée de la garder sur moi. Elle m'était liée, qu'ils disaient.
Très vite, j'ai senti comme une présence amie cherchant à me protéger, à me guider. Faible et diffuse pendant la nuit, cette "compagnie" gagnait en substance les jours les plus chauds. Je n'étais plus seule.
J'avais parfois des pensées étrangères, des flashs. Mes amis me surprenaient en train de rêvasser. Pire, je cherchais l'isolement ne trouvant que peu de compensations à partager des moments avec eux. Je changeais. Pas forcément en pire ; mais certainement pas en mieux. Je m'en rendais compte. C'est à ce moment-là que j'ai voulu me débarrasser de la pierre.
Je n'ai pas pu, bien sûr. La gemme et moi étions liées depuis le début et ce lien se fortifiait un peu plus chaque jour. Ce petit bout de pierre renferme de fabuleux pouvoirs qu'il partage peu à peu avec moi. Des pouvoirs liés au feu, pas à la lumière.
J'ai accepté ce don de Valka Dréa. J'ai accepté de grandir. Un jour, j'ai dit à mes amis : je me transforme devant vos yeux. Je grandis plus vite que vous tous. Cela me fait mal mais je m'y suis résignée parce que ce pouvoir est bénéfique quoi qu'il m'en coûte.
Von Köln, pourtant tellement habitué à gagner le dernier mot, n'a jamais trouvé rien à redire à cela.
Quant à Pémolen, je pense que s'il avait été là, il ne m'aurait pas laissé faire.
Pémolen...